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INTERVIEW Susanne Dändliker CEO & François Righi Artistic Director

L'histoire d'une brillante alliance

18/10/2016

INTERVIEW
Susanne Dändliker
CEO
et
François Righi
Directeur artistique

Bijoux-concept-boutique The Bijoux Concept Boutique in Neuchâtel

L’excellence en bijouterie et la maitrise des technologies 3D, le récit de l’Atelier Bijoux Concept.

Un atelier de bijouterie, c’était le rêve d’enfance de Susanne, CEO, LA bijoutière du duo.

François, vous, c’est la maitrise technique, vous êtes le directeur artistique.

Ensemble, vous représentez les 2 visages de la société « Bijoux Concept ».

« Le rêve » prend vie en 1997, au coeur de la paisible ville de Neuchâtel (Suisse), ville empreinte de traditions et de savoir-faire dans le secteur du luxe. Au fil des années, l’atelier vit et évolue dans un décor aux lignes Baroques contemporaines où se mêlent outils traditionnels et technologies 3D.
C’est dans ce cadre que Susanne et François imaginent la ligne de bijoux « Noir-à-porter » en 2008.
Bijoux Concept est le fruit de ce mélange de talents et d’expériences complémentaires.
Aujourd’hui, l’activité de l’atelier rayonne dans toute la Suisse pour son excellence et sa créativité tant auprès d’une clientèle de particuliers (via la boutique) qu’auprès de nombreux ateliers de bijouterie joaillerie.

Interview

1) « L’expérience est une lanterne qui éclaire derrière soi », nous interpelle un proverbe Afghan. Revenons justement sur votre expérience passée à l’un et à l’autre. Pouvez-vous nous rappeler quelle a été votre formation professionnelle de départ ?

Susanne:

Depuis l’enfance, j’ai toujours été attirée par le dessin et le travail manuel. Fan de bijoux et de pierres précieuses j’ai suivi une formation de bijoutière-joaillière à la Chaux-de-Fonds dans un atelier d’horlogerie. Scier, limer, taper, dessiner, représente pour moi la liberté de formes…

François:

Ma formation de départ a été la mécanique puis le dessin technique. Mon métier initial : constructeur en mécanique pour les machines-outils dans le canton de Neuchâtel, fief de l’horlogerie déjà dans les années 70.

2) Vous avez été l’un des précurseurs en Suisse à vous orienter vers les technologies 3D et notamment vers un logiciel 3D spécialisé pour la création de bijoux. Pouvez-vous nous en expliquer les raisons et le contexte à l’époque ?

François:

Féru de dessin depuis l’enfance, l’arrivée des outils 3D a suscité chez moi un véritable engouement. Un monde s’ouvrait à moi, l’envie de créer des formes virtuellement et les voir en volume à l’écran. Au même moment, l’industrie des machines et l’industrie horlogère se sont emparées aussi de cette technologie pour fabriquer les montres. Avec Susanne, nous nous sommes plutôt orientés à créer des bijoux en 3D. Mes outils de l’époque étaient plutôt prévus pour la mécanique, c’était assez carré, nous cherchions une solution plus créative et évolutive. C’est là que nous avons connu 3DESIGN.

Susanne:

La bijouterie est, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, un métier très technique, et la joaillerie encore plus. Pour faire tenir une pierre dans sa sertissure, il faut connaître la matière et respecter les dimensions…
Connaître son métier + maitriser la précision de l’outil 3D, c’est aujourd’hui mettre toutes les chances de son côté ! Chez Bijoux Concept, nous jouons la carte de la complémentarité avec François.

Avant je concevais les projets en une seule pièce à la main, en cire ou en laiton (travail très long) avec toujours le risque de faire une erreur et donc de devoir recommencer.
Aujourd’hui, une partie des éléments sont faits à la main, d’autres sont réalisés en 3D selon leur complexité et leur forme. La 3D m’a apporté d’abord le confort de prévisualisation du bijou fini, ainsi que la rapidité et la
précision à réaliser le prototype ou la pièce. Un des grands avantages pour moi a été de pouvoir démonter en plusieurs pièces puis assembler le tout à la fin. J’ai pu aller au-delà des pièces que j’aurai faites à la main. Enfin, la 3D est idéale pour présenter au client final des images et même un prototype en résine de leur futur bijou. Les clients en sont soufflés ! Et cela nous aide à faire valider un projet.

A mon sens, la 3D ne remplace pas l’artisan mais le complète, en effet il faudra toujours avoir un dernier coup de finesse du maître.

3) Déjà à l’époque, vers la fin des années 90, bon nombre de solutions 3D étaient proposées sur le marché dont les programmes 3D gratuits, téléchargeables sur internet. Vous avez choisi 3DESIGN, une solution payante, pourquoi ! ?

François:

3DESIGN est le seul logiciel de création paramétrique, idéal pour tout changement à tous les stades de la création, contrairement au programme Rhinocéros !
Aussi, à l’époque, il était le seul programme orienté bijouterie et sur MAC !
Constructeur mécanique, je travaillais sur Autocad et Inventor. Pour le design de bijoux, je voulais retrouver le même côté paramétrique d’un logiciel de conception mécanique avec en plus, la liberté des formes à construire,
l’instinct, la créativité. Bien sûr que Rhino était quasi gratuit mais je voulais une solution professionnelle. 
3DESIGN répondait à mes besoins en termes de budget et d’utilisation. J’ai été satisfait.

4) Pourriez-vous nous présenter un exemple de design de bijou illustrant votre travail, vos outils.

Voici par exemple les étapes de développement d’un de nos derniers projets : La Bague de la ligne ROSE.

 

step 1 step 2
step 3 step 4

bague "Noir à Porter" - rose

1/ Dessin à la main de la rose en vue de dessus. Ce dessin a ensuite
été intégré dans 3DESIGN. Il s’agit d’une vue à plat, ensuite, il faut créer le volume.
2/ Le corps de bague a été conçu dans 3DESIGN, il s’agit de 3 bois de ronces entrelacés. (Balayage de courbes dessinées à plat puis enroulées)
3/ Modélisation de la tête de la rose et de ses pétales dans 3SHAPER (module disponible dans 3DESIGN)
4/ Travail d’empierrage sur forme gauche de manière aléatoire. (Différentes tailles de pierres)
5/ Le rendu dans DeepImage (module disponible dans 3DESIGN)
6/ Prototypage en résine
7/ Fonte des pièces indépendamment les unes des autres (5 objets différents)
8/ Travail à l’établi : nettoyer, ajuster, pré-polir, sertir les pierres, assembler, polissage final…

5) En + de 12 ans, vous avez vu évoluer votre logiciel, d’après votre expérience, quelles seraient les principaux atouts de 3DESIGN ?

En 1, Le paramétrique : il permet la re-calculation automatique de toutes vos opérations après modification.
En 2, La mise en pierre. Très puissant, rappelons que pour le bijoutier, le métal est important mais les pierres le sont d’autant plus.

3DESIGN est plus qu’un logiciel de design, c’est un logiciel de bijouterie et de conception joaillerie.

6) Auriez-vous une wishlist pour les versions futures de 3DESIGN ?

Après 12 années de pratique, je peux dire en toute humilité que j’en maîtrise toutes les fonctions, même les plus expertes et que j’aimerai passer au stade de « développement », c’est-à-dire pouvoir tout paramétrer moi-même.
Les fonctions intuitives et automatiques m’ont aidé à me lancer au début.

Aujourd’hui je n’utilise plus « l’outil de pierre », « l’outil chaton » ou « la fonction chevalière », le logiciel me permet de tout créer par moi-même. Et j’aimerai pouvoir aller encore plus loin dans les possibilités de paramétrage manuel !

7) Un conseil pour les nouveaux utilisateurs 3DESIGN ?

Mon conseil aux personnes qui démarrent avec 3DESIGN serait de suivre automatiquement de la formation. Vous n’achetez pas de voiture, sans passer le permis !

 

Un bel exemple d’utilisation du logiciel 3Design. Nous sommes fiers et heureux de pouvoir contribuer à l’épanouissement et à la créativité de leurs utilisateurs. Nous remercions Susanne et François pour leur disponibilité et leur spontanéité.
Cette interview a été réalisé, le Jeudi 25 Aout 2016, au lounge de l’hôtel Métropole, à Lyon (France).
Propos recueillis par Mme Emilie Balsamo, Team 3DESIGN, Groupe Gravotech, auprès de Mme Susanne Dändliker & M. François Righi – Bijoux Concept - www.bijoux-concept.com (Neuchâtel, Suisse).